Comment rechercher vos ancêtres

LES RECHERCHES GENEALOGIQUES EN CORSE

 

1. LA GENEALOGIE

La généalogie consiste à reconstituer les générations d’une famille donnée. Elle peut prendre la forme :

  • d’une généalogie ascendante, qui consiste en partant de soi-même, à rechercher le plus grand nombre de ses ancêtres... et ils vont rapidement devenir très nombreux, car leur nombre double à chaque génération (2 parents, 4 grands-parents, 8 arrière-grands-parents, etc.), comme le montre la progression théorique du nombre de nos ascendants. Cela fait plus de 500 personnes à identifier pour atteindre le début du XVIIIe siècle.
  • D’une généalogie descendante qui a pour but, à partir d'un couple d'ancêtres que vous choisissez, de rechercher tous leurs descendants... qui sont aussi vos cousins. Elle se révèle plus difficile à établir en raison de la dispersion géographique des familles depuis un siècle.

2. LES SOURCES

Tous  les  documents  qui  permettent  de  retrouver  des  informations  sur  l’ascendance  ou  la descendance d’un ancêtre sont nommés les SOURCES. Parmi celles-ci on trouve :

  • Les registres paroissiaux ;
  • Les registres d’état-civil ;
  • Les recensements ;
  • Les états des âmes ;
  • Les minutes notariales ;
  • Les dispenses de consanguinité ;
  • Les registres d’imposition (taglie) ;
  • Les registres matricules du recrutement militaire ;
  • Les listes électorales ;
  • Les mémoires de décoration ;
  • Ouvrages et travaux d’autres chercheurs ;

Nous verrons que certaines de ces sources ont des particularités liées à l’histoire de la Corse. Une dernière source est spécifique à la Corse, il s’agit des reconnaissances de noblesse.

2.1 Les registres paroissiaux

En France, mais aussi dans la plupart des pays de l'Europe de l'Ouest, l'autorité religieuse a très tôt souhaité répertorier les individus ayant reçu le baptême ou enterrés dans la religion. Le plus ancien registre conservé est celui de Givry (71) qui remonte à 1303.

En 1539, l’« ordonnance de Villers-Cotteret » signée par le roi François Ier institue, sur le continent, la tenue obligatoire de registres, écrits en français, des baptêmes et des sépultures. Les registres de mariages ne sont créés qu'à partir de 1579 conformément à l'ordonnance de Blois.

En 1563, le concile de Trente impose l’enregistrement des baptêmes et des mariages.

C'est en avril 1667, dans l'« ordonnance touchant réformation de la justice » (aussi dite « ordonnance de Saint-Germain-en-Laye ») que la tenue des registres en double est en principe rendue obligatoire, réduisant fortement la perte totale des informations pour cause de troubles, guerres, incendie ou dégradations par les rongeurs. L'un des exemplaires, dit « grosse » devra être conservé par le greffe du bailliage tandis que l'autre, la « minute », après avoir été paraphé, retournera entre les mains du curé desservant la paroisse.

Dans les faits, dans la grande majorité des paroisses, c'est seulement à partir de la déclaration du 9 avril 1736, rappelant et complétant l'ordonnance de 1667, que l'obligation de tenue en double des registres sera réellement généralisée. Cette déclaration prescrit notamment l'obligation pour le curé, les comparants et les témoins de signer, apposer une croix au bas de l'acte ou déclarer ne savoir signer ce qui devra être aussitôt retranscrit.

L'État civil est instauré lors de la Révolution française, par le décret de l'Assemblée législative du 20 septembre 1792. Du même coup, les registres paroissiaux perdent leur caractère officiel, même s'ils continuent en pratique à être tenus par les curés, d'abord clandestinement, puis avec autorisation du gouvernement à partir de 1801.

2.1.1 Les registres paroissiaux en Corse

Les destructions d'archives ont été si considérables en Corse qu'il est impossible de déterminer à quelle époque apparaît l'usage d'enregistrer les actes de catholicité dans les paroisses des six évêchés de l’ile (Accia, Ajaccio, Aléria, Mariana, le Nebbio, Sagone) de l'île puis des 5 à partir de 1563 date de réunion des évêchés d’Accia et Mariana.

Les plus anciens registres paroissiaux conservés aujourd'hui commencent en 1548. Ils sont cependant très rares. De plus nombreux registres remontent à la seconde moitié du XVIe siècle, après le concile de Trente. Il s'agit alors seulement de registres de baptêmes et de mariages, l'enregistrement des actes de sépultures n'intervenant que plus tard, dans le premier quart du XVIIe siècle, conformément au Rituel de Paul V (1614). C'est à la même époque que l'usage de gros registres tend à prévaloir, malheureusement pas toujours, sur celui des petits cahiers, plus fragiles et plus périssables.

Bien que des instructions aient été aussi données aux curés des paroisses par les évêques pour la bonne conservation des registres, où doivent être notés également les actes divers concernant la paroisse et principalement les inventaires des biens de l'église, il est le plus souvent impossible de déterminer si les innombrables lacunes constatées dans les collections de registres paroissiaux sont dues à des destructions, à des pertes ou au fait que des curés ont négligé de tenir leurs registres pendant un temps plus ou moins long.

En  dehors  des  paroisses,  les  couvents  tenaient  également  des  registres  pour  les  nombreuses personnes qui désiraient être inhumées dans l'enceinte du couvent.

Ces registres sont rédigés parfois en latin, le plus souvent en italien, mais jamais en corse.

L'ordonnance  de  l'intendant  Chardon  du  16  septembre  1768 "pour  la  tenue  des  registres  de baptêmes, mariages et sépultures" commence par la constatation "qu'il ne se tient aucun registre... dans les paroisses de la ville ou des campagnes de cette isle".

L'affirmation est manifestement exagérée, puisque nous possédons actuellement des registres de paroisses rurales et surtout urbaines pour les années antérieures à 1768, mais elle explique les très importantes lacunes que l'on constate généralement pour la période 1730 à 1768 (soulèvement des Corses contre Gênes et gouvernement de Pascal Paoli).

Bien que quelques registres pour les années 1768 et 1769 soient parvenus jusqu'à nous, l'ordonnance du 16 septembre 1768 ne semble pas avoir été suivie d'exécution. Il n'en va pas de même pour l'édit royal de juillet 1770 "pour la tenue des registres de Baptêmes, Mariages et Sépultures dans l'île de Corse", qui apportait une innovation capitale : la tenue, dans chaque paroisse, de deux registres, cotés et paraphés par le juge royal de la juridiction, l'un destiné à être envoyé à la juridiction royale de laquelle ressortissait la paroisse, l'autre devant rester dans cette dernière. La rédaction des actes de catholicité devait donner de nombreuses indications plus ou moins négligées jusqu'alors et des instructions précises étaient données pour la bonne conservation des registres.

Ces mesures font donc qu’il existe le plus souvent deux exemplaires de registres annuels mieux tenus que par le passé pour les années 1770 à 1794, certains curés ayant continué, en plus, à tenir un troisième registre échappant au contrôle de l'autorité administrative.

Les troubles et le chaos administratif et politique qu'apportent en Corse la Convention, la rupture avec la France, le royaume anglo-corse et les luttes entre paolistes et républicains ont pour conséquence une nouvelle vague de disparition ou de non-tenue des registres paroissiaux pendant les dernières années du XVIIIème siècle et bien rares sont les paroisses dont les registres pour cette époque ainsi que pour le début du XIXème siècle ont été conservés, soit qu'ils aient été détruits, soit, plus vraisemblablement, qu'ils n'aient jamais existé.

2.2 L'État civil

L'état civil a été instauré lors de La Révolution française, par le décret de l'Assemblée législative du 20 septembre 1792, en même temps que les tables décennales. Les officiers de l'état civil se voient confier la rédaction de ces registres, l’original restant en mairie et le deuxième exemplaire étant détenu au greffe du Tribunal de grande instance (T.G.I.). Une table annuelle par ordre alphabétique complète le registre de l'état civil. Le classement est fait par catégories : naissance, mariage, décès.

Entre le 22 septembre 1798 et le 26 juillet 1800, les mariages doivent être célébrés au chef-lieu de canton.

Des tables décennales, qui consistent en une liste sous forme de tableau des actes passés année par année sur une période de 10 ans sont également créées. Elles sont classées par ordre alphabétique et sont tenues en double exemplaire. Les tables commencent par une année finissant par 3 et se terminent par une année finissant par 2. Jusqu'en 1913, le classement se faisait seulement avec le nom de famille du mari. Après cette date, le classement se fait aussi par rapport au nom de la femme.

L'état civil se perfectionne en 1897 avec la création des mentions marginales qui consistent à reporter en marge de l'acte de naissance, les conditions du mariage ou du divorce puis en 1922 avec l'introduction de la date et du lieu de naissance des parents dans les actes de naissance des enfants et, depuis 1945, l’apposition des dates et lieux de décès et autres modifications de l'état civil.

Il convient toutefois de noter que depuis la loi du 13 janvier 1989, les mentions marginales ne sont plus apposées, en France métropolitaine, sur l’exemplaire des registres d’état civil conservé au greffe du tribunal de grande instance.

2.2.1 L’état-civil en Corse

Le décret révolutionnaire du 20 septembre 1792 confiant la rédaction des actes de l'état civil aux officiers d’état-civil est bien parvenu en Corse mais il n'a pas été appliqué. En 1794, les anglais occupent l’île et s'empressent de rejeter tout ce que la France avait introduit et préconisé. Ce n'est que plus d'un an après le départ des Anglais, en août 1796, que les officiers d’état-civil commenceront à rédiger les actes

de l'état civil. Dans les faits, très peu de communes possèdent des registres de l'an V (22/09/1796- 16/08/1797) et dans de nombreuses communes l’état civil laïque commence en l'an VI.

Les nombreuses lacunes constatées pour les dernières années du XVIIIe siècle et même pour les premières années du XIXe ne s'expliquent pas seulement par des pertes mais aussi par la non-tenue de registres dans un certain nombre de communes, principalement dans l'arrondissement de Corte.

A partir de l’an 10, l'état civil des Corses ne présentera plus de particularités notables par rapport à celui des autres départements français, si ce n'est l'emploi de la langue italienne, remplacée par la langue française à des époques qui varient suivant les communes entre 1800 et 1865.

Les tables décennales, qui ne commencent qu'en 1803, ou plutôt en l'an XI, font encore état d'assez nombreuses lacunes pour la première décennie.

2.3 Les recensements

Le recensement (du latin recensere, « passer en revue ») est une opération statistique de dénombrement d'une population. Les recensements sont une source très intéressante pour les généalogistes car la Liste nominative de la population, document de synthèse indique pour chaque individu recensé divers renseignements soit susceptibles d'apporter un éclairage particulier sur la vie du ménage étudié (par exemple présence d'enfants placés en nourrice, ou d'apprentis logés à demeure, sans parler des possibles relations de voisinage...) ou la composition de la famille.

26 recensements ont eu lieu en France entre 1831 et 1975 :

1831

1836

1841

1846

1851

1856

1861

1866

1872

1876

1881

1886

1891

1896

1901

1906

1911

1921

1926

1931

1936

1946

1954

1962

1968

1975

 

2.3.1.  Particularités de la Corse

Trois recensements sont spécifiques à la Corse et revêtent une importance primordiale pour les recherches généalogiques en Corse. Il s’agit des recensements réalisés en 1770, 1786 et 1818

Au lendemain de la conquête de l’île, les fonctionnaires royaux décidèrent d’entreprendre de multiples recherches afin de connaître son étendue, ses ressources naturelles, les limites et les superficies des propriétés et le nombre de ses habitants. Un premier dénombrement avec les listes nominatives fut ainsi réalisé entre 1769 et 1770. Il faut cependant noter que certaines « Pieve » ne furent pas recensées en 1770 (Gravona, Fiumorbo).

En 1786, un recensement partiel fut effectué principalement en Haute Corse et dans la région de Bonifacio.

Ces deux recensements sont conservés au CARAN à Paris.

Le premier recensement complet est celui de 1818, réalisé par les maires et dont la forme varie suivant les communes. Dans certaines communes, le nom de jeune fille des épouses est indiqué.

Tous les recensements, pour toutes les communes de Corse, y compris ceux de 1770 et 1786  sont consultables ssur le site des archives de la Corse-du-Sud.

2.4 Les état des âmes

Les "états des âmes", sont des états nominatifs de la population par foyers, avec l'indication de l'âge des individus établis par les prêtres. Certains évêques auraient souhaité que les curés consacrent un registre exclusivement aux états des âmes, si précieux pour les historiens et pour les généalogistes. Ils n'ont guère été suivis ou, en tout cas, bien peu de tels registres sont parvenus jusqu'à nous, et les « stati delle anime » se trouvent surtout dans les registres, ou parties de registres, réservés aux baptêmes et aux listes de confirmés. La seule exception semble être l’évêché de Sagone dont les archives conservent une collection importante d'états des âmes des pieve du diocèse.

2.5 Les minutes notariales

Les notaires intervenaient autrefois à tout moment dans la vie d'un individu : contrats de mariage, testaments, inventaires après décès, contrats de location ou de vente, contrats d'apprentissage ou de travail, etc : au total près de cent cinquante types d'actes différents.

De fait, rien n'échappait au notaire, et vous trouverez pratiquement toujours, dans leurs archives appelées « Ceppi », des documents concernant vos ancêtres.

Les archives les plus récentes sont conservées par les notaires eux-mêmes, mais seules les personnes concernées et leurs descendants peuvent y avoir accès si elles ont moins de cent ans. Les autres sont librement consultables aux archives départementales, à condition qu'elles y aient été versées, ce qui n'est pas toujours le cas…

2.6 Les dispenses de consanguinité

La dispense de consanguinité est l’accord donné par un évêque pour un mariage entre cousins. En droit canon, on compte le nombre de degrés qui séparent de l'ancêtre commun.

Une dispense du 4e degré veut dire que les époux avaient des arrières-arrières grands-parents communs. L'arrière grand-père de l'un est donc le frère de l'arrière grand-mère de l'autre (ou l'inverse, ou deux frères, ou deux sœurs, bref...).

On trouve également des dispenses du 3e au 2e degré ou du 4e au 3e degré. Les dispenses du deuxième degré étaient accordées par le Pape, les autres par les évêques.

Ces dispenses se présentent quelquefois sous forme de mini arbres qui permettent donc de remonter une ascendance. Pour l’évêché d’Ajaccio, elles ne concernent que la période 1749-1759.

2.7 Les registres d’imposition

Les podestats des communautés étaient chargés de dresser à la demande des autorités administratives génoises, un état de la population afin d’établir l'assiette des tailles.

Ils sont conservés en majorité à Gênes et les plus anciens remontent à 1454 pour de nombreuses communautés de Balagne. On trouve ensuite 1498, 1531,1537, 1578 et de façon très continue jusqu’en 1622 et 1626 puis 1726-1728. L’ouvrage d’Antoine Marie Graziani « Vistighe Corse » guide des sources de l’histoire de la Corse dans les archives époque moderne 1483-1790, tome 1 volume 2 paru aux éditions Alain Piazzola fournit des pages 110 à 119 et page 222 un inventaire des communes figurant dans chaque liasse.

Certains sont également conservés dans le « Camerali » conservé aux archives départementales de la Corse-du-Sud. Ils ne concernent que des communes de Haute-Corse et couvrent les années 1670-1671- 1673.

Pour certaines années (1728 notamment) les registres de taglie peuvent être considérés comme de quasi états des âmes.

2.8 Les registres matricules du recensement militaire

Les documents sont très variés et très différents selon les époques. Sous l'Ancien Régime, les armées n'étaient formées que de soldats de métier qui s'étaient engagés. Elles étaient complétées par des milices composées d'hommes tirés au sort, mais qui ne devaient pas participer aux combats. De cette époque peu de documents subsistent et ils concernent surtout les officiers. La Révolution instaura le service militaire obligatoire, mais de 1800 à 1872 ne sont appelés, par tirage au sort, que les hommes nécessaires. Il est alors possible de se trouver un remplaçant.

À partir de 1867, les bureaux de recrutement militaire recensent tous les jeunes hommes de 20 ans devant effectuer leur service sur des registres matricules. Composés de fiches individuelles où figure l’état-civil, ils permettent  de retracer le parcours  militaire d’un individu et sont  pourvus de tables alphabétiques annuelles. Le service obligatoire pour tous ne sera instauré qu'en 1905.

Sur le site Mémoires des Hommes, on trouvera des informations relatives aux « morts pour la France ».

2.9 Les listes électorales

Le droit de vote est un héritage de la Révolution française. La Constituante de l'An VIII met en place les registres civiques. Tous les hommes âgés d'au moins 21 ans doivent y être inscrits commune par commune. Les femmes en sont exclues jusqu'au 21 avril 1944 (ordonnance qui leur reconnaît le droit de vote).

La carte d'électeur est obligatoire depuis 1884. Elle est distribuée à domicile depuis 1924. Elle fait preuve de l'inscription sur les listes électorales.

2.9.1 En Corse

En Corse la première liste électorale (Lista Civica) semble avoir été établie en 1806. Les dates de naissance y figurant sont souvent erronées.

2.10 Les mémoires de décoration

Les mémoires de décoration, en particulier ceux de la Légion d’honneur, peuvent aussi permettre de retrouver une date et un lieu de naissance ou décès. Ils sont consultables sur le site Léonore.

2.11 Des ouvrages et/ou travaux d’autres chercheurs

Les ouvrages consacrés à l’histoire des familles corses commencent à être nombreux. Parmi les plus importants en matière de généalogie, il est possible de citer les travaux :

  • de   Giovanni   della   Grossa   (1388-1464)   qui   a   établi   la   généalogie   des   seigneurs « Cinarchese » ;
  • du comte Pierre-Paul Raoul Colonna de Cesari Rocca qui a établi vers 1895-1900 des généalogies des familles Ornano, Pozzo di Borgo et Cuneo d’Ornano ;
  • d’Antoine Marie Graziani et François Demartini sur les « Bonaparte en Corse » ;
  • de François Demartini sur l’Armorial de la Corse ;
  • de Michel Vergé Franceschi sur les familles du Cap Corse ;
  • de Josette Ceccaldi sur la famille Ceccaldi et celles d’Evisa et du Sia
  • du Comte Canavelli Colonna et de Marie Biancarelli sur les seigneurs de Leca et leurs descendants ;
  • sur la famille Colonna d’Istria et ses descendants.

Les travaux d’autres généalogistes peuvent également être considérés comme des sources fiables si après contact avec ceux-ci vous constatez qu’ils disposent des sources ou peuvent vous indiquer où les trouver. Ils sont souvent publiés sur des sites personnels ou des sites de partage généalogique comme Géneanet ou Heredis Online.

2.12 Les reconnaissances de noblesse

Durant les quelques années qui s'écoulèrent entre la conquête de l'île et la Révolution française, vont être reconnues comme nobles, afin de façonner la société insulaire sur le modèle français, plus de quatre-vingts familles. Ces familles se font connaitre auprès du conseil supérieur de la Corse en apportant la preuve de leurs quatre quartiers de noblesse. Ces documents permettent donc de reconstituer une grande partie de l’ascendance de ces familles.

2.13 Autres sources

D’autres sources comme les procès verbaux de gendarmerie, les procès voire les registres de fabrique ou des confréries religieuses pourront éventuellement être consultés si les sources précédentes n’ont pas permis de trouver les informations désirées. Dans certains cas, de bonnes surprises sont possibles.

3. COMMENT MENE-T-ON DES RECHERCHES ?

Pour reconstituer une généalogie, on cherche à reconstituer la vie de nos ancêtres en essayant, dans un premier temps, de retrouver les 3 documents majeurs de la vie d'un individu :

  • Son acte de naissance ou de baptême ;
  • Son acte de mariage :
  • Son acte de décès ou d’inhumation.

La recherche doit toujours commencer par la recherche de l’acte de mariage puis de l’acte de décès puis en dernier lieu de l’acte de naissance sauf si vous possédez une date exacte. En effet, les homonymes sont fréquents, et ce n'est pas parce que vous allez trouver l'acte de naissance d'un Bartoli Jean ou d’un Poli Antoine 30 ans avant la naissance de son fils, qu'il s'agit bien de son père. Si vous en trouvez deux nés la même année ou à un an d’intervalle il vous est impossible de savoir lequel est le bon.

3.1 Les premiers pas

Avant toute démarche, il faut d'abord noter ce que l'on sait déjà. Pour cela, il faut commencer par quelques démarches évidentes :

  • collecter tous les documents familiaux en votre possession : cartes d'identité, livrets de famille, actes d'état civil et papiers divers (correspondances, faire-part de naissance, mariage, décès, etc.).
  • interroger vos proches, surtout les personnes âgées, pour compléter les renseignements qui manquent et surtout noter leurs souvenirs.
  • vérifier, par des recherches Google, Geneanet, Heredis Online, si un généalogiste ou un autre membre de la famille n’a pas déjà réalisé une partie de l’arbre généalogique de la famille.

A ce stade, votre généalogie sera peut-être bien avancée et, surtout, vous aurez fait l'essentiel : vous vous êtes lancé.

3.2 La recherche des actes

Dans les mairies et les salles d’archives, seuls les documents d’état-civil antérieurs à 1936 peuvent être consultés. Sur les sites d’archives en ligne, les documents consultables s’arrêtent en 1902 ou en 1912. Pour obtenir des actes concernant la période 1936-2013, il faut s’adresser à la mairie où a eu lieu l’événement.

Pour la Haute-Corse, en ligne, il est aujourd’hui possible de consulter sur le site du conseil général de Haute-Corse (http://www1.cg2b.fr/thot/) l’état-civil des communes de Haute Corse.

Sur le site de la mairie de Bastia vous trouverez une table des registres paroissiaux de cette cité.

Au niveau de la Corse-du –Sud, sont consultables sur le site des archives départementales ( http://archives.cg-corsedusud.fr):

  • les  registres paroissiaux et d'état-civil
  • les tables de succession et d'absence
  • les recensements y compris ceux de 1770 et 1786 pour toutes les communes de Corse

Les registres matricules pour la période 1859-1918 sont consultables sur ce site (http://www1.arkhenum.fr/ad_corsedusud_matricules)

Sur le site de la commune de Bisinchi, vous trouverez des relevés de l’état-civil et des registres paroissiaux de cette commune 

 

3.3 La transcription des informations

Si vous êtes amené à échanger des informations avec d'autres généalogistes, il est important d'utiliser la même norme dans un souci de compréhension mutuel.

A ce sujet, les généalogistes réunis au IVeme Congrès international de généalogie et d'héraldique à Bruxelles en 1928 ont établi une liste officielle qui figure dans le tableau ci-dessous.

Signes ou abréviations

Signification

°, o ou *

naissance

b

baptême

x

mariage

Cm

contrat de mariage

)(

divorce

+

décès

++

mort au champ d'honneur

(+)

inhumation

?

douteux

Ca

environ

4. LES  PRINCIPALES  DIFFICULTES  RENCONTREES  LORS  DES  RECHERCHES  EN CORSE

4.1 L’absence des noms de famille

Outre les difficultés à retrouver les sources (en Haute-Corse, beaucoup de registres paroissiaux sont encore détenus par les communes), il y a un autre écueil à franchir c’est l’absence des noms de famille. En effet, ce n'est que quelques années après le rattachement de la Corse à la France c'est-à-dire à la fin du XVIIIe siècle que l'usage de noter le nom de famille de chacun se généralisera, en particulier dans les communautés rurales surtout celles de la terre des seigneurs (l’actuelle Corse du Sud). Dans les villes comme Ajaccio, Bastia, Calvi et dans certains villages de Haute-Corse, ils apparaissent beaucoup plus tôt. Sur Ajaccio, les paroissiens d'origine génoises et établis depuis peu dans la paroisse, étaient désignés par leur nom patronymique, s'ils en avaient un (Bonaparte, Cunéo), ou, sinon, par le nom de leur village d'origine (Appietto, Bastelica, Cauro, Peri, Ucciani, Vero, etc..).

Dans les villages surtout en Corse du Sud, les curés des paroisses, tout comme les notaires, se contentaient de noter les prénoms des personnes qui étaient baptisées, se mariaient ou étaient enterrées, suivis des prénoms de leur père, moins régulièrement de leur mère et parfois, mais rarement, de leur grand-père. Ainsi les personnes sont désignées comme Antonio di Santo ou Marco qm Paolo. L’utilisation entre les deux prénoms du signe « di » indique que le père Santo est vivant au moment où l’acte est enregistré. Si les lettres « qm » (abréviation du mot quondam) sont utilisées, cela signifie que le père Paolo est décédé lors de la rédaction de l’acte.

A titre d’exemple, dans un village comme Bastelica en 1770 qui compte 429 feux et 151 ½ feux représentant 2391 personnes aucun nom de famille n’apparait. A Eccica-Suarella (57 feux, 20 ½ feu et 292 habitants) seulement 5 familles sont identifiées par leurs noms (Flori, Desanti et Poli).

Les noms de familles apparaissent progressivement entre 1790 et 1800. Ils peuvent provenir d’un prénom (Poli, Peraldi, Pietri, Ambrosini, Desanti, Urbani, Ottavj, Ottavi, Ottavy, Peretti, Casanova) et lorsque qu’on arrive à remonter dans le temps on constate que cet ancêtre à l’origine du nom de famille vivait entre 1600 et 1650. Il y a de fortes chances que cet ancêtre soit le premier qui ait construit la maison familiale et qu’au travers de l’expression « Di chi casata sé » sa mémoire ait traversé les siècles. Ceci explique pourquoi deux frères peuvent donner une descendance avec deux noms de famille différents.

Le lieu-dit où vivait la famille peut être aussi l’origine du nom de famille (Costa, Valle, Frassati, Acquatella, Folacci, Canavaggio). Une troisième possibilité est un surnom qu’un ancêtre léguera à ses descendants comme patronyme (Mancini, Capigriggi, Capineri, Farinacci, Rossi).

4.2 L’absence des paroissiaux avant 1770 et après 1795

Pour les communes (Appietto, Ocana, Grosseto-Prugna, Santa-Maria Siché, Urbalacone, etc.) où les registres paroissiaux ne commencent qu’en 1770, les recherches sont à faire uniquement à partir des recensements, des dispenses et des actes notariés et éventuellement d’un registre de taglie du début du 18ème siècle. Il faut toutefois prendre conscience que sur ces communes, il est très difficile de remonter avant 1700-1720.

Du fait de la difficulté de mise en place de l’état-civil et de l’absence des registres paroissiaux couvrant la période 1795-1810, il est souvent très difficile de trouver des mariages, naissance ou décès ayant eu lieu entre 1794 et 1802.

4.3 Des actes de mariage et de décès souvent non filiatifs

Certains actes de mariage ne comportent aucune indication sur l’identité du père. Seule la mère si elle vivante est parfois citée. Il faut alors rechercher les actes de baptême des enfants qui donneront peut être une indication, les recensements ou les états des âmes ou les actes notariés voire les actes de mariage, de naissance ou de décès d’un autre membre de la famille qui grâce à une parenté vous donneront la solution.

Dans ce cas, il faut veiller à bien indiquer dans votre logiciel ou vos notes comment vous en êtes arrivé à établir la filiation

4.4 Des âges parfois « fantaisistes »

Les âges figurant dans les paroissiaux ou dans les recensements 1770 et 1818 ne sont pas calculés avec la rigueur que l’on connait aujourd’hui. Ainsi il n’est pas rare de constater des erreurs pouvant aller jusqu’à 10 ans entre l’âge calculé et l’âge indiqué dans l’acte.

De même on trouve parfois l’expression circa après un âge. Ce mot circa qui signifie environ peut parfois engendrer une erreur de 10 ans entre l’âge indiqué dans l’acte et l’âge réellement calculé.

4.5 Des tables décennales parfois imprécises

Les dépouillements réalisés montrent que les tables décennales jusqu’en 1882 sont souvent erronées (mariage (s) oublié (s), prénom mal transcrit, etc. …). Même si vous ne trouvez pas le mariage dans les tables, pensez à regarder les registres ou les publications de mariage, vous pourrez avoir de bonnes surprises.

4.6 Le nom de jeune fille des épouses n’est quasiment jamais cité avant 1850

Dans la majorité des actes établis avant 1850, le nom de jeune fille d’une épouse n’est pratiquement jamais cité dans l’acte de naissance ou de mariage de ses enfants.

Il faut donc chercher pour progresser dans les recherches tous les mariages entre le nom et le prénom de l’époux et le prénom de l’épouse. C’est souvent uniquement le mariage qui vous donnera son nom de jeune fille.

4.7 L’utilisation d’actes de notoriété

Il faut noter que, tout au long du XIXe siècle, l'impossibilité pour certains de retrouver leur acte de baptême ou de naissance que ces actes aient été perdus ou n'aient jamais existé, les a conduits à faire constater l'époque de leur naissance par jugement ou par acte de notoriété homologué par un tribunal. Ces jugements sont parfois transcrits dans les registres d’état-civil de la commune où est sensé avoir eu lieu l’événement. Des décès peuvent également être établis à l’aide d’acte de notoriété.

4.8 Incendie du greffe de Bastia en 1944

Lors de la dernière guerre mondiale, la majeure partie des registres des communes de l'arrondissement de Bastia qui étaient conservée au greffe du tribunal de première instance a été détruite lors d’un incendie suite à des bombardements. Les collections communales n'étant pas toujours complètes, il arrive donc que, pour certaines années, les deux exemplaires des registres fassent défaut.

5. CONCLUSION

Malgré ces difficultés, avec méthode et du temps, ainsi qu’un bon logiciel, il est possible de reconstituer l’histoire de nos familles jusqu’en 1600 voire plus si les registres le permettent. N’oubliez pas que les autres membres de l’association sont là pour vous guider et vous aider dans vos recherches.

Ce voyage dans le temps vous permettra aussi de voir l’évolution de nos villages et de prendre conscience des travaux qu’ont menés nos ancêtres et des sacrifices qu’ils ont faits pour que nous soyons là aujourd’hui.